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Stratégies web, permission marketing, marketing 2.0, promotion interactive, Référencement, SEO, Performance Marketing, expérience utilisateur, conception web

8 décembre 2007

Site, blog, ePortfolio ou réseaux sociaux en politique

La France a connu en 2007 des élections présidentielles et legislatives. Cet évènement médiatique a montré toute l’importance de l’Internet dans le combat d’influence au travers des sites web officiels de partis et des blogs notamment.

En 2008, tout recommence, mais à une autre échelle. Elections municipales et cantonales seront très prochainement d’actualité et la question est posée : les stratégies de communication utilisées sur les plans nationaux sont-elles également valables sur les territoires locaux ? Quels sont les opportunités à saisir et les pièges à éviter ?

L’Internet un média incontournable dans une stratégie politique
Qu’il s’agisse de problématiques nationales ou locales, l’Internet est désormais incontournable. En juin 2007, la France comptait plus de 30 millions d’internautes, quel maire actuel ou futur peut encore aujourd’hui imaginer que ses habitants ne sont pas connectés ? Média d’information par excellence, l’Internet et le web en particulier est une anti-chambre du choix politique. Bien sûr, les français et les françaises seront nombreux à choisir leur candidat ou candidate sans un clic de souris, mais combien pourront être influencés par l’information ou la désinformation reçue lors de la campagne ?

Energie et moyens…
Cela signifie-t-il qu’il faille déployer les mêmes stratégies que les partis politiques nationaux et affirmer ses positions sur les sujets d’actualité et ainsi définir sa future ligne d’actions ? Je ne le crois pas et pour deux raisons.

Non pas qu’il ne soit pas intéressant de connaître l’opinion de nos futurs élus sur des sujets généraux mais parce que ce qui préoccupe les habitants d’un territoire ce sont leurs affaires. La dimension mondiale de l’Internet ne doit pas faire oublier qu’il est également un formidable outil de développement et d’information au plan local. Regardez pour exemple les déclinaisons locales des sites web de presse, les sites collaboratifs d’information locale (CityVox, Enbocage.com, …), tous développent une capacité à se positionner en média de proximité et seront amenés à être des relais d’opinions (plus ou moins libres).

La seconde raison pour laquelle les stratégies et tactiques nationales ne peuvent s’appliquer au plan local, ce sont les moyens et les énergies nécessaires en gestion de ce média. Les partis politiques ont des webmasters, des équipes complètes qui gèrent la communication interactive. Quel candidat (je parle bien évidemment des hommes et femmes politiques locaux, pas des politiciens professionnels dont les ambitions les éloignent bien souvent du bien être de leurs électeurs) possède les moyens et le temps disponible pour exister sur le web ?

Pourtant, ne pas exister sur le web lorsque l’on est candidat(e) à une élection cantonale ou municipale en 2008 est très dangereux !

Durant la campagne, qu’elle soit municipale et/ou cantonale, quelle sera la clé d’une victoire ? La confiance des électeurs dans leur choix sera la clé. Combien d’élus sont en place grâce à la confiance qu’ils inspirent ? Combien d’élus ont été battus à cause d’un vote de méfiance ou de défiance ?

Oui, la confiance est la clé de la réussite politique. La question qui se pose alors est : comment la créer ou comment la conserver sur le web (car n’oubliez pas que vos adversaires chercheront à réduire ou détruire votre crédibilité).

L’avantage d’une communication contrôlée
Nous savons tous que nul n’est parfait ni infaillible. Dans un combat politique on cherchera plutôt à évoquer les points positifs de sa candidature. Idéalement pour que le message “passe”, on s’appuiera sur un mantra ou une “rengaine” et un programme d’actions. Et oui ! Dire “je suis le meilleur” ne suffit pas à créer la confiance, il est nécessaire de pouvoir dire pourquoi, que l’on ait 10 secondes ou 10 minutes pour le faire.

Préparer sa campagne électorale signifie préparer sa communication, soigner son image et générer de la visibilité. Pour être élu(e), vous devrez :

  1. Avoir été vu(e) et entendu(e)
  2. Avoir été compris(e)
  3. Avoir été choisi(e)

Votre sac de campagne doit donc emporter partout :

  1. un curriculum vitae qui explique pourquoi vous êtes légitime à cette élection
  2. un programme qui montre où vous voulez aller.
  3. Une phrase choc qui résume qui vous êtes (mantra, rengaine)

Les opportunités et les risques de la réputation numérique
Nous l’avons vu, la logique des sites officiels est difficile voire impossible à mettre en oeuvre aujourd’hui au plan local. La mise en place d’un blog peut être une excellente idée mais cette décision ne doit pas être prise à la légère pour éviter que le remède ne soit pire que le mal.

Rappelons-le, créer un blog nécessite une démarche éditoriale claire (pourquoi je blogue ?), c’est assez simple dans le cadre d’une élection. Pour être crédible, le blog doit vivre très régulièrement, si vous imaginez que deux billets par mois seront suffisants, économisez les et ne faites surtout pas de blog. Enfin, ouvrir un blog signifie s’impliquer dans un débat, être prêt à écouter de nouvelles idées et entendre les critiques en toute transparence. Etes-vous prêt(e) à cela ?

Le blog est une démarche très impliquante qui ne conviendra qu’à très peu de candidat(e)s. Mais alors cela signifie-t-il qu’il faille éliminer l’Internet de l’équation ? Surtout pas !

Les moteurs de recherche ont le syndrome du trou noir…
Dans l’espace, un vide, un trou noir aspire irrémédiablement tout ce qui se trouve à sa portée. Un moteur de recherche fonctionne de la même manière, comblant les “vides” avec frénésie. Qu’est-ce que cela implique ? Que vous devez dire qui vous êtes sinon d’autres le feront à votre place !

Imaginez en effet que “Stéphane Brossard” soit candidat à une élection municipale et que Google n’ait aucun résultat à produire sur ce nom. Vous pourriez alors penser que ne pas avoir de réputation numérique n’est pas grave. Vous vous tromperiez, ne pas avoir de réputation numérique équivaut à créer le risque d’une mauvaise réputation.

Selon ma “théorie du trou noir”, si vous n’existez pas, le premier contenu qui vous concerne deviendra la référence. Imaginez alors que le seul résultat de Google soit un commentaire défavorable laissé dans un forum par exemple ou l’expression virulente d’un adversaire : quelle serait l’image que vous produiriez ? Quelle serait le résultat final sur votre crédibilité ?

Mais alors comment faire ?
Cherchez dans Google et vous trouverez sans doute un certain nombre de réponses sur votre nom. La majorité d’entre elles seront sans doute assez neutres (résumé de vos fonctions, participationss, etc…). Il deviendra important dans une problématique de campagne de faire exister votre voix sur le web empreinte de toutes vos convictions. Nous avons vu que les blogs étaient réservés à ceux qui ont naturellement la passion de l’écriture et le temps pour le faire, heureusement, il existe d’autres solutions :

Première solution : les annuaires de personnes ou réseaux sociaux. S’ils sont habituellement destinés aux relations plutôt professionnelles, Linkedin, Viadeo ou 6nergies ont pour but d’affirmer une identité et de permettre à chacun de se lier avec d’autres profils. Chaque fiche personnelle est visible de l’extérieur du réseau (en paramétrant les informations publiques ou privées), ce qui constitue une “carte de visite” officielle.

Mais les réseaux sociaux ne répondent à mon avis que partiellement aux besoins d’identité d’un ou d’une candidat(e) politique. Il y manque naturellement la notion essentielle de projet d’avenir, d’aspirations, d’élan. u delaà de la carte de visite, il faut créer l’équivalent d’une carte de voeux.

Seconde solution : les ePortfolios ou Portfolios électroniques. Les québécois les appellent également “cyber-carnets”. Il s’agit d’un site web à mi-chemin entre la fiche identitaire d’un réseau social et un blog. Le portfolio électronique permet de vous présenter et d’exister dans les moteurs de recherche dans le respect du message et des aspirations que vous souhaitez véhiculer.

Un ePortfolio se compose de 3 grands types de contenus :

  1. Qui je suis
  2. Ce que j’ai fait jusqu’à maintenant
  3. Ce qui me motive et où je veux aller

Mieux qu’un long discours (encore que vous trouverez sans doute ce billet déjà très long), je vous propose de découvrir le ePortfolio d’un expert dans ce domaine : Mario Asselin, ses pages et ses explications vous convaincront sans doute mieux que je ne le ferais.

Il me reste une dernière chose à vous dire sur le sujet : déposez le nom de domaine correspondant à votre nom : voilà le meilleur moyen d’accéder à une présentation exhaustive et contrôlée de votre image. Lorsque vous croiserez un journaliste, un autre élu ou un électeur qui voudra en savoir plus sur vous alors que vous n’avez pas assez de temps, il vous suffira de lui dire : “vous retrouverez tout sur www.stephanebrossard.fr…”

Exister sur le web est important : vous y trouvez facilement est essentiel. Où demander le dépôt de ce nom de domaine, comment ne pas se tromper, je suis à votre disposition pour vous répondre.

Ce sujet est passionnant et je pourrai continuer ce billet sur l’intérêt de l’ouverture à l’échange et à la discussion sur le web dans le cadre d’une campagne politique mais à chaque jour suffit sa peine et les commentaires sont là pour continuer le débat et exprimer cet intérêt…

Catégorie : Stratégie, Marques |

2 réponses

  1. Amomenti » Blog Archive » Eportfolio politique :: Stratégies web, permission marketing, marketing 2.0, promotion interactive, Référencement, SEO, Performance Marketing, expérience utilisateur, conception web :

    […] Je vous parlais il y a quelques temps de l’importance inévitable que prendra la réputation numérique pour les hommes et les femmes politiques à l’échéance des élections dans les villes et les départements. Dans l’article sur les blogs, les sites et les eportfolios en politique, j’exprimais quelques règles qui à mon sens sont importantes pour ne pas faire d’un site un simple feu de paille mais permettre à une vision politique personnelle de s’afficher sur la durée et ainsi de “poser” dans les moteurs de recherche des jalons reconnaissables pour la construction d’une réputation numérique. […]

  2. Réputation numérique : Google me, i??m famous ! :

    […] Deux grands types d’actions sont à entreprendre : surveiller et agir. Surveiller consiste à placer des indicateurs pour suivre votre réputation numérique (Google Alerts est une solution simple et rapide mais tout autre système de veille sera utile). Agir vous obligera à publier sur le web au travers des réseaux sociaux, des forums, des blogs ou des eportfolios (voir l’article sur la réputation numérique appliquée aux hommes et femmes politiques). […]

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